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La Manif Pour Tous : écueils grandissants

Publié le 14/10/2016 à 22h01 par L'équipe ()

Le rassemblement du 16 octobre 2016 organisé par « La Manif Pour Tous » rappelle la nécessité de poursuivre la mobilisation autour des enjeux de l’enfance et de la famille. Le processus ravageur du transhumanisme, en effet, ne se contentera pas du mariage homosexuel. La destruction complète de la structure familiale et des marqueurs traditionnels de l’enfance reste plus que jamais d’actualité, mais la Manif semble mal équipée pour faire face au défi que représente la sauvegarde de la famille. Un certain nombre d’écueils menacent son action. Quelques uns, peut-être, sont déjà à l’œuvre, et risquent de tromper la sincérité de nombreux militants. Il nous parait donc nécessaire d’en énumérer sommairement quelques-uns, car si le cas de la Manif n’est qu’un exemple frappant, les pièges qui vont suivre sont aussi un danger pour la sphère alternative dans son ensemble, et méritent un effort de vigilance soutenu.

L’anti-convergence

Contrairement aux JRE, la Manif n’est en aucune manière habitée par un esprit de convergence, et c’est là où le bât blesse. Il en résulte une sclérose du discours de la Manif au sein d’une portion bien limitée de la population française, insuffisamment représentative de ce qu’est la réalité du peuple de France. Or, la force d’une revendication est d’être entendue par le plus grand nombre, et il y a fort à parier que dans les quartiers populaires, en l’état actuel des choses, l’appel de la Manif reste inaudible. Pourtant, ce sont bien les quartiers populaires, par l’action des JRE, qui ont fait reculer le gouvernement sur les ABCD de l’égalité, pendant que les actions très médiatiques de la Manif n’ont pas fait bouger le Gouvernement d’un iota. À ce propos, nous avons exprimé il y a quelques jours notre déception quant à la non-invitation de Farida Belghoul au rassemblement du 16 octobre. Mais peut-être cette dernière aurait-elle été invitée si elle s’appelait Amandine Dupont, et si les JRE n’étaient pas également le combat d’un prêtre en soutane, le Père Olivier Horovitz. Faute d’être relayées dans les quartiers populaires, seuls à même de pouvoir peser efficacement dans la vie politique, les revendications de la Manif resteront les agitations stériles d’une couche de la population qui se parle à elle-même. Si l’entre-soi correspond certainement aux convictions de certains, en termes d’efficacité ce choix est discutable.

 

LGBTisation

Et puisque nous parlons de stérilisation, nous en profitons pour évoquer un risque grandissant qui menace la vie politique et associative dans sa globalité : la LGBTisation. Sous la pression de quelques associations LGBT, souvent financées par George Soros, la Manif, pourrait craindre des accusations d’homophobie, ce qui la couperait des principaux canaux de diffusion nationaux, et par la même, du soutien de généreux donateurs voulant éviter mauvaise presse. Par manque de courage de ses dirigeants, la Manif pourrait céder à la pression, LGBTiser une partie de son logiciel, et à terme inclure quelques revendications LGBT dans son programme, histoire de montrer patte blanche. En parallèle de cela, la Manif pourrait choisir de camoufler, ou d’exclure, la présence de tout ce qui représente de près ou de loin la non-institutionnalisation de la doctrine LGBT dans la vie quotidienne, comme celle des femmes musulmanes vêtues d’un foulard sur la tête, ou des ecclésiastiques, reconnaissables à leur tenue. Il est d’ailleurs curieux que la présence de musulmans lors des précédents rassemblements de la Manif ait été assez peu relayée, voire pas du tout, alors même qu’ils étaient bel et bien présents. Cette absence supposée fait d’ailleurs l’objet d’une mise en accusation à l’encontre des musulmans dans certains milieux identitaires, qui reprochent aux quartiers populaires leurs manques d’implication dans les enjeux nationaux, alors même que ce sont les quartiers populaires qui ont fait plier le gouvernement lors des JRE.

 

L’attentat terroriste

À l’approche d’une échéance électorale, et avec des sondages peu reluisants pour l’exécutif, le risque d’attentat est une possibilité probable, hélas. Perpétré, comme toujours, par un groupe de jeunes gens manipulés et en perdition, un attentat aurait pour conséquence, une fois encore, de monter les Français les uns contre les autres, et de stigmatiser un peu plus les musulmans de France, donnant au passage le coup de grâce à la possibilité d’une convergence au sein de la Manif, déjà très frileuse à cette idée. Or, sans convergence, point de salut ; les faits sont là pour le prouver. Et la classe politique, par ailleurs, serait bien trop heureuse de ne plus avoir à parler du chômage pendant quelques semaines. En de pareilles circonstances, il ne nous parait pas exagéré de dire que le risque d’attentat, malheureusement, est majoré, d’autant plus qu’il ferait les affaires de certains ici et là.

 

Les carriéristes

Ce bas-monde ne manque pas de gens terrassés par l’ambition, qui, comme le dit l’expression, bouffent à tous les râteliers, quelles que soient les compromissions nécessaires. Ces gens-là ont un point commun : un pouvoir de nuisance extraordinaire qui laisse des cicatrices partout où ils passent, au détriment des individus sincères qu’ils côtoient. Aussi, nous ne doutons pas de la sincérité réelle de nombreux militants de la Manif, ni de celle de certains cadres, mais le centre de gravité choisi par le mouvement laisse perplexe, et donne à penser que la Manif serait surtout vue par certains comme un tremplin pour une carrière politique en devenir, ce qui ne serait pas sans conséquence pour la pérennité de la mobilisation.

 

Sociologie

En réalité, il y a un piège qui, à notre humble avis, pénalise la Manif plus que tous les autres. S’il est vrai que la Manif, malgré tout, mobilise un nombre important de sympathisants, son corps dirigeant semble assez identifiable sociologiquement parlant, et ne reflète pas forcément le reste de ses militants. Par l’expérience du terrain, local et national, nous avons pu constater, hélas, que certains groupes sociologiques ont tendance à se sentir dépossédés de ce qu’ils estiment être leur droit unique, dès lors qu’ils partagent un ensemble de revendications avec des militants d’une classe sociale autre que la leur, ou d’inspiration culturelle différente. Ce sentiment de supériorité empêche généralement toute perspective efficace et lointaine. Concernant la Manif, nous pensons qu’il met en péril l’efficacité du mouvement, et qu’il explique en grande partie sa frilosité sur la question pourtant fondamentale de la convergence.

Que notre propos ne soit pas perçu comme étant défaitiste. Nous pensons bien au contraire que la cause de l’enfance et de la famille nécessite une action digne de ce nom, ouverte au plus grand nombre, animée par un esprit de convergence, seul à même de porter efficacement une action à grande échelle, et que les quelques éléments que nous venons de citer doivent servir de réflexion pour l’avenir de la défense de la cellule familiale.

 

Gloire à Dieu, et vive la France !

 

 

 

 

 




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La Revue, Septembre 2016 - Numéro 1
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