Qu’est-ce que la prière ?

Publié le 22/03/2018 par Julien Barbe 4

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.

Avec ces quelques lignes, nous allons essayer, avec l’aide de Dieu, de nous intéresser à la prière.

Dieu nous inonde en permanence de Son Bienfait. L’univers tout entier est au service de l’Homme. Les animaux, les plantes, les forêts, la roche. Et Dieu nous a révélé Sa Religion, pour le bien-être de l’Homme, afin qu’il comprenne sa nature, et distingue dans cet univers, ce qui lui est favorable de ce qui lui est défavorable.

La nature humaine

La Religion n’a d’autre but que de ramener chacun d’entre nous à sa propre nature, noble, sublime, cette nature qui nous invite à être des gens simples, des gens véritables, sans arrière-pensées, sans rancœur, plein de bienveillance à l’égard des autres. Quelle que soit la distance qui sépare un individu de son accomplissement, la Religion lui indique comment se situer, comment se comprendre et comprendre l’univers qui l’entoure, pour avancer pas à pas jusqu’à ce que cette distance qui le sépare de ce qui est Vrai n’existe plus.

Au cœur de cette Religion se trouve la prière. La prière est donc le bienfait de Dieu à l’égard des Hommes par excellence. Oui, Dieu n’a pas besoin de nos prières, exalté soit-Il. Si par Sa Bienveillance, Il l’a prescrite aux Hommes, ce n’est que pour notre propre bien. Ainsi celui qui investit la prière investit son bien-être et sa santé.

 

La lucidité

La prière est ce par quoi l’être humain ouvre un dialogue avec Dieu et accède à la lucidité dans toutes les dimensions de la vie. Elle peut prendre plusieurs formes, il peut s’agir des cinq prières quotidiennes, d’un moment de recueillement, d’un regard bienveillant ou d’une demande particulière. Quelle qu’elle soit, la prière a un effet sur l’individu qui la pratique. Il fait de son être un lieu de prière et dépoussière son cœur, le rendant de plus en plus sensible au Bienfait que Dieu manifeste dans sa vie.

La relation qu’un être humain entretient avec la prière sera pour lui un indicateur de son degré de cheminement. À mesure qu’elle s’enracine dans sa vie, il oublie la négligence, oublie ses passions, pour se découvrir lui-même en même temps qu’Il découvre son Créateur. Il réforme son regard, son cœur, et son être tout entier, devenus alors spectateurs du Vrai qui se manifeste à eux en toute chose. Pour les tâches du quotidien, la prière en purifie l’intention. Elle est ce qui doit précéder chaque action, pour que chacun de nos actes soit porté par la lumière de Dieu. Elle est cette contemplation première qui donne lieu à l’action véritable.

 

L’art de prier

Enfin, le croyant arrive à un état où chaque seconde de sa vie est une prière. Peu importe ce qu’il regarde, il voit la Face de Dieu. Il ne peut s’abaisser à agir en mal, bien trop soucieux et respectueux qu’il est du regard de la Vérité. Il est apaisé et apaisant. Sa présence est éclatante tant il est un miroir de la lumière de Dieu. Une telle personne a atteint son accomplissement, celui de sa mission sur terre et celui de sa raison d’être. Chaque tâche qu’il accomplira, chaque parole qu’il prononcera, sera de nature à faire basculer le monde d’un côté ou de l’autre.

Celui qui fait de sa vie une prière change le monde.

Commentaires (4)

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de jaweb Mercredi 23 janvier 2019 à 00h55
Merci pour cette article est les commentaires :)

de Julien Barbe Vendredi 25 janvier 2019 à 15h33
Merci à vous :)

de Hamza Ahmed Dimanche 02 décembre 2018 à 22h57
Merci pour votre article, je pense que la prière en arabe "صلاة" est dérivée de "صلة qui veut dire justement le lien qu'on crée avec Dieu pour pouvoir dialoguer avec lui et recevoir son bienfait, ainsi celui qui fait sa prière est considéré comme pratiquant sa religion et celui qui ne prie pas n'a aucun contact avec le ciel. la prière, par conséquence, est la colonne vertébrale de la religion.

de Al Machichi Dimanche 16 décembre 2018 à 15h18
De rien Hamza, alors en effet la prière est la colonne vertébrale de la religion et de toute spiritualité car c'est la connexion à Dieu.
Concernant l'étymologie effectivement.
Maintenant pour vous donner un peu plus de pistes de reflexion nous allons vous partager un article traitant de son étymologie coranique !!!

Bonne lecture
Certains mots s’écrivent en arabe avec un alif, ou un lâm-alif, mais dans le Noble Coran cette lettre est absente. Le alif peut alors être suspendu au dessus d’une autre lettre, mais n’existe pas réellement dans la calligraphie originelle. Prenons pour exemple le mot as-Salâh (الصلاة), la prière.

La prière est l’âme de la religion. Expression véritable de la spiritualité du croyant, Dieu l’a élevé parmi les plus hauts fait que le croyant peut accomplir. Le Prophète, Salla-llah allahi wa salam, a dit : « Entre l’homme et l’infidélité, il y a l’abandon de la prière. ». Il a dit, Salla-llah allahi wa salam, également, « La prière est le pilier de la religion. Celui qui l’établie, établie la religion. Celui qui la ruine, ruine la religion. ». La Salâh préserve le fidèle, par la grâce d’Allâh. Son art l’accompagne tout au long de sa vie, et le fait progresser peu à peu vers les sommets spirituels. C’est une obligation que tout musulman se doit d’accomplir. Plus encore que cela, elle est une miséricorde divine qui pousse l’individu à se parfaire et à vivre sa foi au quotidien. Au niveau collectif, la Salâh structure l’équilibre de la société, et les bonnes mœurs.


Allâh dit, exalté soit-Il :
« Ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Cependant, l'issue finale de toute chose appartient à Allah. » (Sourate 22 al Hajj verset 41)
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Nous avons là un enchainement lumineux, bien clair, et récurent dans le Livre Saint : accomplir la Salat, puis s’acquitter de la Zakat, ordonner le convenable, et enfin interdire le blâmable. Allâh, Razza wa jal, donne ici, et dans de nombreux versets, une démarche à suivre, et un ordre à respecter. Certains actes, en effet, sont une nourriture nécessaire pour d’autres. Ainsi, celui qui veut ordonner le convenable, mais n’accomplit pas sa prière, est dans l’erreur. Sa démarche est erronée, viciée. Nous allons voir pourquoi dans ce chapitre.


Penchons-nous sur l’écriture du verset et sa calligraphie. Le mot (الصلاة) s’écrit en arabe avec un lâm-alif. Dans le verset nous le voyons avec un lâm et un wâw (الصلوة). Le même phénomène est à noter pour le mot (الزكاة).

La sentence du Bien Aimé, Salla-llah allahi wa salam, concernant la prière est lourde. Aussi, convient-il de s’interroger sur ce qu’est véritablement la prière, son art, sa structure lumineuse, sa progression, et son équilibre. Effectuer une série de gestes et de paroles, dans un ordre précis, est chose facile pour laquelle le fidèle est récompensé. Ce n’est qu’un début, cependant, et la prière ne se limite pas à cela. Connaître ses lumières et les appliquer pour parfaire sa prière est une autre affaire. Dans cette optique se pose la problématique de ce « wâw » et de ses secrets. Le mot prière (الصلوة), donc, dans le Coran, est composé de six lettres, soit six lumières : ا, ل, ص, ل, وetة. Chacune de ces lumières tient un rôle incontournable dans l’équilibre de la Salâh. Ce sont les six piliers lumineux de la prière, sans lesquels jamais celle-ci ne sera complète et authentique. Ces lumières basent la prière du croyant sur un socle véritable. Il vaudrait mieux, pour le musulman, que ce socle soit solide. Dans le cas contraire, la signification de la prière s’écroule dans le cœur de l’individu, sa pratique se fragilise, et son comportement, petit à petit, s’éloigne de la noblesse spirituelle de la Salâh. Ceci, parce que sa prière est basée sur des charpentes bancales. La Salat véritable est soutenue par l’alimentation de chacune de ces six lumières, qui sont ses ingrédients véritables.

Ainsi, reprenons le hadith cité plus haut : « Entre l’homme et l’infidélité, il y a l’abandon de la prière. ». Pour comprendre cette parole prophétique, les spécialistes séparent généralement le cas de celui qui délaisse la prière par paresse, et de celui qui délaisse son statut. Ceci est certes une première approche, mais c’est une vision plus vaste qui nous intéresse ici, à savoir l’accomplissement de la prière sans ses piliers spirituels. Le deuxième hadith que nous avons cité va pleinement en ce sens : « La prière est le pilier de la religion. Celui qui l’établie, établie la religion. Celui qui la ruine, ruine la religion. ». Quelle sont donc les racines de la prière ? Quel est son art ? Comment y parvenir ? Ce sont les questions qui viennent à l’esprit de celui-ci qui veut être s’installer pleinement dans sa démarche spirituelle. Pour que la Salâh soit véritable, il faut que l’individu soit sincère dans son accomplissement, mais aussi, et surtout, dans sa vie, de sorte que chaque instant devienne une prière, et qu’il trouve pleinement sa place dans la Vérité. Il y a donc un fiqh pour faire ses ablutions, faire sa prière, en connaître les obligations. Ceci concerne la démarche externe de la Salâh. Et il y a un autre fiqh qui s’applique aux faits de l’interne, de sorte que le fidèle soit réellement sincère lorsqu’il dit « Allâhou Akbar » pour entrer en prière. C’est un fiqh complet, avec ses sources, ses étapes, ses règles. C’est le fiqh le plus important dans la vie du musulman, qui se rapporte à ses faits et à l’orientation de son cœur. La réalité de la prière est d’alimenter l’interne du croyant pour que la Vérité éclate en lui. Par la Miséricorde d’Allâh, la science des lumières est une science universelle, qui englobe les faits externes et les réalités spirituelles.




Passons maintenant à l’analyse des lumières.




La première lumière est celle du alif, qui désigne l’obéissance à l’ordre d’Allâh. Elle fait partie du harf de la Contraction (harf al-Qabd)

La vérité de cette soumission de l’adorateur envers l’Adoré, c’est qu’il n’est pas suffisant de croire, si le fidèle veut goûter à la réalité de la foi. Allâh dit, Razza wa jal, dans le verset 14 de la sourate 20 Ta Ha : « Certes, c'est Moi Allah : point de divinité que Moi. Adore-Moi donc et accomplis la Salat pour le souvenir de Moi. ». L’individu doit avant toute chose croire en ce qui a été révélé, accepter cette soumission à l’ordre divin, et l’appliquer, pour que le rappel d’Allâh prenne une dimension complète dans sa vie intérieure et extérieure. Les répercussions de cette soumission, ou non, sont personnelles et collectives. C’est la condition nécessaire et obligatoire pour quiconque souhaite approcher les secrets de la prière. Il n’est pas possible pour le fidèle de sentir l’odeur spirituelle de la Salâh si sa croyance n’est pas correcte et s’il ne s’efforce pas de délaisser le péché et de s’orienter vers les bonnes œuvres, et ceci est le secret de ce alif.


La deuxième lumière est celle du lâm, à savoir la science complète. Elle fait partie du harf du Message (harf ar-Risâlah).

Le lâm désigne ici la connaissance de l’externe de la Salâh, qui se rapporte à l’ablution, aux conditions de la prière, à ses obligations, ses temps, ce qui l’annule, etc. La Meilleur des Créatures a dit, Salla-llah allahi wa salam, : « Priez comme vous me voyez prier ». Il y a donc un externe bien déterminé pour la prière, sur lequel le Prophète Salla-llah allahi wa salama ordonné qu’on s’appuie. Faire la prière comme elle doit être faite, selon l’enseignement prophétique. Le secret du lâm, ici, est cette formule divine qu’il faut respecter à la lettre. Il n’est permis à personne d’innover en la matière.


La troisième lumière est celle du sâd, qui est la perfection de la raison. Elle fait partie du harf Adamidte (harf al-Âdamiyyah).

Dieu dit, Razza wa jal : « Ô les croyants ! N'approchez pas de la Salat alors que vous êtes ivres, jusqu'à ce que vous compreniez ce que vous dites » (sourate 4 an-Nisâ’ verset 43). Cela fait partie des conditions de la prière. Le croyant doit être conscient de ce qu’il fait et de ce qu’il dit pour effectuer la Salâh. L’ivresse désignée par Allâh ne se limite pas à l’ébriété due à l’alcool, mais à toute sorte d’ivresse qui porte atteinte au discernement de l’individu. La prière se compose d’un certain nombre de paroles, de récitations. La conscience du croyant doit pouvoir mesurer leur valeur et de la délicatesse qu’il faut y apporter. La prière peut-elle être véritable pour celui qui n’est pas lucide sur ce qu’il est en train de faire ? La réponse est évidente. Le jugement divin que nous venons de cité est quant à lui très clair. La Salâh est un acte céleste, le pacte entre la créature et le Créateur. Le fidèle doit mesurer l’importance de ce qu’il fait. Le secret de ce sâd réside dans l’intégrité de la raison.


La quatrième lumière est celle du lâm, la science complète. Elle fait partie du harf du Message (harf ar-Risâlah).

De même qui y a des péchés manifestes et subtils, il y a une science de l’externe et une science de l’interne. Chacune tire l’individu vers le haut. Lorsqu’une lumière se répète dans un même mot, ce n’est en réalité jamais le même secret qui est désigné. Dans la prière, comme dans toutes les adorations, il y a deux sortes de science. La première a été évoquée précédemment, dans le premier lâm. Il s’agit du fiqh externe de la prière. Si nous reprenons maintenant les lumières que nous avons vues jusqu’à présent, nous voyons un certain nombre de faits qui encadre l’individu dans son comportement : il s’écarte de l’illicite, se purifie, se présente dans la bonne direction, préserve son intégrité et entre dans la prière. Or, le voilà à présent perdu dans l’immensité de la Salâh, pendant que son cœur se débat pour chasser les tourments de ce bas monde. Profite t’il réellement de sa prière ? Est-il vraiment dans la plénitude de la Salâh ? Dieu dit, Razza wa jal: « Bienheureux sont certes les croyants, qui accomplissent leur prière avec recueillement, qui se détournent des futilités, qui s'acquittent de la Zakat » (Sourate 23 al-Mu’minûn, versets 1 à 4). Nous savons, de source prophétique que « Le serviteur n'a de sa prière que ce qu'il en a réfléchi. ». Il y a donc une discipline à adopter, une éducation de l’âme, une orientation spirituelle. C’est une science du cœur, qui émerge de l’interne de la prière, et des étapes à franchir, pas à pas, afin d’arriver à sa réalité profonde. Il s’agit d’un autre fiqh que celui de l’externe, d’une autre science, qui traite d’autres problèmes. Celui qui prie, en effet, doit vider sont cœur afin qu’il laisse place à la Vérité. Par Son Savoir, Allâh Razza wa jal a hiérarchisé des étapes de progressions, le croyant sincère n’a qu’à les respecter. Le secret de ce deuxième lâm est dans la science subtile et interne de la prière, qui est l’âme de la Salâh. Celle-ci est plus importante que la science externe.


La cinquième lumière est celle du wâw, à savoir ‘’qu’il meurt tout en étant vivant », ou plus simplement, la mort dans la vie. Elle fait partie du harf du Message (harf ar-Risâlah).

Il faut prendre ici le temps de méditer devant les merveilles de la création divine, et de ce wâw. Pour les grammairiens, le mot as-Salâh s’écrit avec un lâm-alif, (الصلاة), en harmonie avec sa prononciation. Cet avis est reconnu par tous. Or, dans la langue coranique, ce mot s’écrit avec lâm et un wâw (الصلوة). Beaucoup ont émis quelques spéculations à ce sujet, qu’il s’agisse de théologiens musulmans ou autres orientalistes, mais aucunes ne leurs hypothèses n’est solide, en dehors de celle qui consiste à dire que le Noble Coran est descendu comme cela, et c’est ainsi qu’il doit être. Ceci est sage est véridique. Il y a néanmoins dans ces choses une science vaste et universelle, à l’image de ce qu’est la Parole d’Allâh. La lumière du alif est celle de l’obéissance, de la soumission. Nous la trouvons au dessus du wâw. Elle se manifeste dans la foi et la tenue de la prière. Celui qui arrive à ce stade a déjà obéi, mais il existe dans la Salâh une obéissance dans l’obéissance. Celle-ci est plus vaste et plus profonde. Elle est présente dans la prononciation, et au dessus du wâw. Mais dans les actes et la progression, c’est la lumière du wâw qui trouve ici sa place. Par cette mort dans la vie, le croyant freine à ses penchants intérieurs, qu’ils soient bons ou mauvais. Si le fidèle suit ce qui lui dit son égo, jamais il ne trouvera la prière au fond de lui, plutôt, il restera une feuille emporté par le vent. Si le mort n’a plus ces sensations, le vivant est avec les idées qui lui passent par la tête. Pour que la prière du croynat soit véritable, il faut que ses racines le clouent dans la Vérité, pour que jamais, il ne soit influencé par le mauvais. Ce wâw, lumière incontournable, est en réalité celle du alif, mais qui nécessite une mort intérieure pour que cette dernière brille à son zénith. C’est le grand art de la soumission à Allâh, par le fait de mourir tout en étant vivant. Ce genre de lumière nous est enseigné plusieurs fois dans le Coran. Elle est très présente dans la vie du prophète Ibrâhîm, que la paix soit sur lui : « Puis quand celui-ci fut en âge de l'accompagner, [Abraham] dit : "O mon fils, je me vois en songe en train de t'immoler. Vois donc ce que tu en penses”. (Ismaël) dit : “O mon cher père, fais ce qui t'es commandé : tu me trouveras, s'il plaît à Allah, du nombre des endurants”. Puis quand tous deux se furent soumis (à l'ordre d'Allah) et qu'il l'eut jeté sur le front, voilà que Nous l'appelâmes “Abraham ! Tu as confirmé la vision. C'est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants”. » (Sourate 37 as-Saffât versets 102 à 105). Il y a un externe et un interne à la prière. Le secret de ce wâw est que la réalité véritable et parfaite de la Salâh se trouve dans son interne.


La sixième lumière est celle du tâ' al-marbûtah et désigne la répugnance de ce qui est contraire. Elle fait partie du harf de l'Esprit (harf ar-Rûh).

Cette lumière vient solidifier la prière. Il s’agit de se protéger de toute impureté, de tout ce qui met en jeu la foi du croyant et son unicité. Le fidèle rejette ainsi tout ce qui est contraire à la Vérité, dans sa vie de tous les jours comme dans sa pratique religieuse. Il se raffermit alors dans la foi et la persévérance. Les piliers de la Salâh sont les piliers de la vie. Les versets que nous allons citer, d’ailleurs, définissent là encore une progression spirituelle: « Et (rappelle-toi) quand Abraham dit : “Ô mon Seigneur, fais de cette cité un lieu sûr, et préserve-moi ainsi que mes enfants de l'adoration des idoles. Ô mon Seigneur, elles (les idoles) ont égaré beaucoup de gens. Quiconque me suit est des miens. Quand a celui qui me désobéit... c'est Toi, le Pardonneur, le Très Miséricordieux ! Ô notre Seigneur, j'ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée [la Kaaba], - Ô notre Seigneur - afin qu'ils accomplissent la Salat. Fais donc que se penchent vers eux les cœurs d'une partie des gens. Et nourris-les de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants ? Ô notre Seigneur, Tu sais, vraiment, ce que nous cachons et ce que nous divulguons : - et rien n'échappe à Allah, ni sur terre, ni au ciel ! - Louange à Allah, qui en dépit de ma vieillesse, m'a donné Ismaël et Isaac. Certes, mon Seigneur entend bien les prières. Ô mon Seigneur ! Fais que j'accomplisse assidûment la Salat ainsi qu'une partie de ma descendance; exauce ma prière, ô notre Seigneur ! Ô notre Seigneur ! Pardonne-moi, ainsi qu'à mes père et mère et aux croyants, le jour de la reddition des comptes”. » (sourate 14 Ibrâhîm versets 35 à 41). Aussi, dans le verset 132 de la sourate 20 Tâ Hâ : « Et commande à ta famille la Salat, et fais-la avec persévérance. Nous ne te demandons point de nourriture : c'est à Nous de te nourrir. La bonne fin est réservée à la piété. ». Le secret du du tâ' marbûtah est que la perfection de la Salâh vient avec la continuité et la persévérance. Pour se faire, le croyant doit absolument préserver sa foi, ses actes, sa vie, et sa prière.




Toute ces lumières constituent les piliers de la prière. Les quatre premières sont la construction véritable pour être apte à se présenter devant Allâh. Les deux dernières servent à protéger cette bâtisse lumineuse. Il y a là une recette divine et un ordre à respecter, avec des étapes. On ne peut pratiquer le deuxième pilier sans pratiquer le premier, ou appliquer le quatrième sans s’être scrupuleusement attardé sur le deuxième. Ainsi, le fidèle accepte la Vérité et se soumet. Il préserve ses membres de ce qui est réprouvé. Il applique ensuite les méthodes prescrites pour se purifier, se tourner dans la bonne direction, et va même dans cette optique jusqu’à effectuer des actes surérogatoires afin de bien mesurer l’importance de la Salâh et ramasser les débris de sa pensée. Puis il entre en prière, en respectant un ordre précis de mouvements gestuels et vocaux. Il s’efforce d’être bien conscient qu’il est devant Allâh, et adopte l’attitude convenable. Pour parfaire sa dévotion, le croyant lutte contre les ruses de son égo, et préserve cet état de Vérité dans tout ce qu’il fait. Sa vie devient alors une prière constante. Nous implorons Allâh de nous guider vers ce stade, qui est celui des saints et des véridiques. Et Dieu dit, Razza wa jal: « Récite ce qui t'est révélé du Livre et accomplis la Salat. En vérité la Salat préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel d'Allah est certes ce qu'il y a de plus grand. Et Allah sait ce que vous faites. » (Sourate 29 al-`Ankabût verset 45)


Le Prophète Salla-llah allahi wa salama dit : « La première chose pour laquelle le serviteur sera interrogé est sa prière. Si elle est correcte et saine, tout le reste de ses actions sera correct et sain et si elle est corrompue, alors tout le reste de ses actions sera corrompu. ». Aussi, celui qui prie tout en s’adonnant à l’alcool, la médisance, la fornication, ou encore la calomnie, doit vraiment se remettre en cause. Les piliers de sa prière ne sont ni sincères ni véritables. Qu’il ne s’aveugle pas à croire qu’il a goûté un temps soit peu aux saveurs de la Salâh. Il est plutôt en train de jouer avec sa vie présente et future sans se soucier un seul instant que sa prière puisse témoigner contre lui. Il devrait lire ce hadith et méditer : « Celui que la prière n'éloigne pas de la turpitude et du blâmable ne peut que s'éloigner d'Allah. ». En jouant avec sa prière, il joue avec sa foi, et le Prophète Salla-llah allahi wa salama dit : « La foi n'est pas une chose que l'on peut prétendre avoir, c'est la bonne intention que l'on a dans le cœur et qui se manifeste à travers un bon comportement ». Pour revenir à la vérité de la prière, c’est avec des faits qu’il devra procéder. Le point de départ est de délaisser le blâmable et tout ce qui provoque la turpitude. Ceci, pour une Salâh véritable, et le salut de son âme. Allâh dit, http://www.soufisme-fr.com/forum/ima...ilies/azwj.gif : « Et accomplis la Salat aux deux extrémités du jour et à certaines heures de nuit. Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent. » (Sourate 11 Hûd verset 114). Peu à peu, il reviendra dans les sentiers de la Vérité, et nul doute que, par la grâce d’Allâh, s’il est sincère, la réalité de la prière se manifestera à lui.




Petit récapitulatif :

الصلوة

ا: l’obéissance à l’ordre d’Allâh, et ceci se manifeste dans la foi
ل: la science complète pour ce qui est obligatoire et à éviter
ص: la perfection de la raison, qui est une condition de la prière
ل: la science complète pour la vérité de la prière et sa progression intérieure
و: la mort dans la vie, qui est l’obéissance dans l’obéissance, soit l’alongement du alif
ة: la répugnance de ce qui est contraire à la Vérité, pour préserverl cœur des turpitudes





Remarque importante :

Les grammairiens ont développé des règles et de préservation de la langue arabe. Les sciences de l’exégèse, par la grammaire ou toutes les formes d’ijtihâd n’existaient pas à l’époque du Bien Aimé. Elles se sont structurées par la suite pour conserver la compréhension authentique du Livre Saint. Mais il faut souligner que ces sciences, notamment la grammaire, sont venues après la langue arabe, et le Coran est arrivé avant le tafsîr. Ainsi, si nous trouvons des orientations coraniques dont les secrets ne ressortent pas à travers ces analyses c’est que nous ne sommes pas encore parvenus à trouver un statut pour toutes les injonctions divines. Pourquoi ne pas faire, alors, une approche lumineuse du Livre Sacré, en faisant appel à d’autres outils pour trouver la nature profonde de ces ordonnances et les mettre en valeur ? Ne venons de voir un exemple rapide de ce qu’il est possible de faire ressortir de ce genre de recherche, et pourquoi, en l’occurrence, il est nécessaire que le wâw, dans le mot as-Salâh doit s’écrit dans le Coran avec un wâw est non pas un lâm-alif. Ceci ne peut s’expliquer ni par la grammaire ni par aucune autre forme de compréhension que celle des lumières et de la grande vérité. Cela doit être fait pour le restant des mots coraniques si l’on veut savourer la profondeur du Saint Coran.

Article écrit par Rémy Savin