Iqad al-Himam : Sagesse 17

Publié le 17/12/2017 par Karim C 0

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N'a pas abandonné l'ignorance celui qui veut que se produise autre chose que ce que Dieu manifeste dans l'instant.

 

L’ignorance est le contraire de la science, ce qui est désigné par « ignorance » dans cette sagesse, c’est l’absence de science.

Il y a deux types d’ignorances. L’ignorance simple et la double ignorance, ou ignorance complexe. L’ignorance simple désigne la personne qui sait qu’elle est ignorante, et la double ignorance désigne la personne qui est ignorante de son ignorance. La pire des ignorances c’est ignorer Dieu et le renier après avoir cherché la connaissance. Je dis que parmi la bienséance du vrai connaissant, il y a de reconnaître les choses à leur juste place, et de les accompagner en allant dans leur sens. Tout ce qui est exposé aux yeux par la toute-puissance divine est complet et parfaitement façonné.

À ce sujet l’auteur d’« al Ayniyya » dit :

« Si tu arrives à attribuer de la beauté dans ce qui est laid.
Les significations de cette beauté s’empresseront d’accourir à toi.
Sa Beauté complète l’imperfection de la laideur.
Dès lors, il n’y a plus d’imperfection ni de beauté dans les choses. »

Abu Hassan Nouri a dit :

« Les créatures sont telles que ce que Dieu a voulu qu’elles soient. Lorsque Dieu a placé un serviteur à une station parmi les stations, celui qui a la connaissance doit y résider en l’acceptant avec son cœur. Quelle que soit la station. Si cette station n’est pas agréée par la Loi (Shari’a), il faut qu’il désire en sortir avec douceur et voir ce que Dieu fait.

Certains ont dit :

« Celui qui utilise seulement la Loi (Shari’a) dans son rapport avec les gens ne cesse de les condamner et celui qui les aborde en utilisant la Voie (Haqiqa) ne cesse de leur trouver des excuses. Il est nécessaire de traiter les gens extérieurement en utilisant la Loi (Shari’a) et de les y rappeler, et intérieurement on leur trouve des excuses en utilisant la Voie (Haqiqa). Celui qui veut qu’une chose soit extériorisée pour lui ou pour un autre à un moment où Dieu a décidé que cela ne devait pas l’être, il a réuni toute l’ignorance du monde en lui sans qu’il en ait abandonné une seule part, puisqu’il s’est opposé au décret et a voulu combattre le Tout-Puissant. »

Le Très-Haut dit :

« Car ton Seigneur fait absolument tout ce qu’Il veut. »
« Si ton Seigneur l’avait voulu, ils l’auraient fait »
« Si Dieu l’avait voulu, tous ceux qui sont sur terres auraient cru sans exception. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? »

Dans certains récits il est rapporté que Dieu le Très-Haut a dit : « Celui qui n’est pas satisfait de Mon décret et qui ne patiente pas face aux épreuves que Je lui inflige, qu’il passe sous Ma terre et sous Mon ciel pour sortir chercher un autre Dieu que Moi. »

Abd Allah Ibn Mas'ud et Ibn Abbas ont dit : « Je préfère tenir un charbon ardent qui brule ce qu’il a à bruler et qui laisse ce qu’il doit laisser, plutôt que de dire à propos d’une chose qui est “si seulement elle n’était pas”, ou d’une chose qui n’est pas “si seulement elle était”. »

Abu « Uthman a dit : « Pendant quarante années Il n’y a pas eu un état dans lequel Dieu m’a mis que j’ai détesté, et il ne m’a pas déplacé dans une autre station qui m’a rendu mécontent. »

Le maître de nos maîtres Sidi Ali a dit : « Celui qui connaît les gens ayant perçus les réalités externes et qui ne nie aucun de leurs états récoltera tout ce qu’ils ont reçu entre leurs mains sans pour autant que ces derniers en soient privés. Celui qui connaît les gens des réalités intérieures et qui ne nie en rien aucun de leurs états récoltera ce qu’ils détiennent entre leurs mains selon chaque situation, sans pour autant que ces derniers ne soient dépossédés de quoi que ce soit. Le connaissant de Dieu réunit le bien qui se trouve chez les gens des réalités externes et des réalités internes, et il les côtoie tous. »

Chaque groupe parle en fonction de sa couleur spirituelle. Par exemple le maître de nos maîtres Sidi Ahmad al Yamâni, que Dieu nous fasse profiter de lui, était de ceux qui ne reniaient pas les états des créatures. Les gens de l’externe étaient ses élèves, il leur enseignait les sciences externes et les y encourageait. Pour les gens de l’interne, ils étaient ses élèves pour ce qui relevait de leurs affaires intérieures, et il les encourageait à explorer cette voie en leur délivrant des enseignements ésotériques. Il bénéficia donc du bien qui se trouve dans les deux groupes, en ce qui concerne la connaissance et la sagesse.

On dit que le saint complet passe avec succès par toutes les phases ou étapes. Je dis que celui qui médite sur les paroles prophétiques (hadith) retrouve cette manière de faire, car le Prophète, que les prières et les bénédictions soient sur lui, étaient le maître des connaissants de Dieu, l’exemple des éducateurs spirituels et des gens ayant été éduqués spirituellement.

Il confirmait et encourageait les gens dans la voie que Dieu leur avait tracée dans Son infinie Sagesse, ce pour quoi ils ont des prédispositions innées. Voilà pourquoi on trouve des paroles prophétiques qui semblent contradictoires alors qu’en réalité ce n’est pas le cas.

Si tu regardes les paroles prophétiques sur le rappel (dhikr) tu te diras qu’il n’y a rien de mieux que ceci. Si tu regardes les paroles prophétiques relatives au djihad tu te diras que tu ne pourras pas trouver quelque chose le surpassant. Si tu regardes les paroles prophétiques qui traitent des vertus de la science, tu en concluras qu’il n’y a rien de meilleur. Si tu lis les paroles prophétiques vantant l’ascétisme, le détachement des causes de ce bas-monde, tu te diras qu’il n’y a rien de mieux que ceci. C’est la même chose si tu te penches sur les paroles prophétiques sur les mérites de gagner sa vie et servir sa famille. Le Prophète, que la paix et les bénédictions soient sur lui, a encouragé la sagesse dans chacune des tâches, afin que tu dises « il n’y a pas d’acte meilleur ou plus pur aux yeux de celui qui le fait », afin qu’il s’attèle à l’accomplir. Car il y a dans son accomplissement une garantie de la part de leur Seigneur et une présence de Celui-ci. Le Prophète, que la paix soit sur lui, n’ordonnait pas de changer d’état ou de faire d’autres actes, si la volonté de Dieu les concernant était qu’ils accomplissent telle chose avec sagesse. Le Prophète les a confortés et les a même encouragés dans la voie que Dieu a choisie pour eux, à un tel point que la personne qui entend les paroles prophétiques relatives à sa voie ou à ce pour quoi il est prédisposé pense qu’il n’y a rien de mieux, et en effet c’est le cas. Les gens n’ont rien de mieux à faire que ce à quoi Dieu les a assignés.

C’est pour cela que le connaissant ne rejette rien et n’ignore rien, certains connaissant comme Abou Hamid Al Ghazali ont dit : « Il n’est pas possible d’inventer ou de concevoir ce qui a déjà été. » L’interprétation que l’on peut en faire c’est qu’il ne peut y avoir rien d’autre que ce qui a été arrêté par la prescience de Dieu, et il n’y a pas meilleur Créateur et meilleur Concepteur que Lui. Nous allons en parler si Dieu le veut.

Dieu est savant.

La seconde règle de bienséance : compter sur Dieu en toute situation   

Il dit : (Sagesse suivante)

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