Iqad al-Himam : Sagesse 18

Publié le 17/12/2017 par Karim C 0

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Reporter les œuvres à quand tu auras du temps libre est une insouciance de ton égo.

 

Reporter quelque chose, c’est remettre à plus tard ce qui nous est imposé et qui nous pèse même si l’on est incité à la faire. La signification voulue est que tu marques un point d’arrêt dans la réalisation d’un ordre en t’en détournant, en attendant qu’il soit plus facile à exécuter. Être libre vis-à-vis d’une responsabilité c’est être affranchi, émancipé. Un cœur libre c’est un cœur qui est délivré de ses préoccupations. Des membres du corps qui sont libres ce sont des membres qui sont affranchis du travail. L’insouciance, la frivolité, est une forme de folie.

Je dis que, parmi la bienséance du connaissant, il doit avoir toutes ses capacités intellectuelles accompagnées d’une finesse d’esprit. Un des signes que l’on est muni d’un Esprit saint et raffiné, c’est d’être capable de saisir l’occasion quand il y a possibilité d’agir et de prendre l’initiative sans perdre de temps ni faire traîner les choses. Ce qui est passé ne revient pas, les occasions manquées sont irremplaçables, et ce qui est obtenu à la place n’a pas de véritable valeur. Le Prophète, que les prières et les bénédictions soient sur lui, a dit : « Parmi les signes d’intelligence et d’esprit, il y a le fait de s’écarter de la maison de l’illusion pour solliciter l’accès à la maison de l’éternité et de préparer des provisions pour le séjour dans la tombe ainsi que pour le Jour de la Résurrection. » Il a aussi dit : « L’homme intelligent est celui qui se demande des comptes et qui œuvre pour ce qui adviendra après la mort. Le fou c’est celui qui suit son égo (nafs) et ses passions et qui espère que Dieu l’aidera à assouvir ses vains désirs. »

 

L’homme intelligent, c’est celui qui est avisé et saint d’esprit. Se demander des comptes, c’est faire sa propre introspection. Dans les feuillets d’Ibrahim, que les prières soient sur lui, l’homme sage et avisé est celui qui ne se laisse pas trop influencer par son intellect et qui partage ses heures : une heure où il converse avec son seigneur, une heure où il demande des comptes à lui-même, une heure où il médite sur ce que Dieu a façonné, une heure où il se libère de ses besoins en eau et en nourriture.

Le sage ne l’est que s’il se dirige vers trois choses : se débarrasser du superflu et ne prendre que le strict nécessaire pour la rencontre avec Dieu, subvenir sainement à ses besoins en essayant d’améliorer son mode de vie et jouir des choses qui ne sont pas illicites. Il faut qu’il ait un regard clairvoyant sur son époque, qu’il accepte son sort, qu’il préserve sa langue, qu’il considère ses paroles comme des actes, et les raréfie sauf si ça le concerne.

 

Ajourner les œuvres en les remettant à plus tard lorsque le cœur ou le corps seront vides et libres est un signe d’inconscience et de folie. C’est une illusion. Comment sais-tu que tu seras encore vivant à tel moment alors que la mort plane et peut te tomber dessus quand tu t’y attends le moins ? Penses-tu aussi qu’il soit possible de trouver du temps libre et atteindre cette période ? Es-tu sûr que tu n’auras pas une autre occupation qui sera un obstacle ? Avoir du temps libre sans aucune occupation est très rare, en conformité avec les paroles du Prophète, que les prières et les bénédictions soient sur lui : « Il y a deux bienfaits sur lesquels beaucoup de gens sont trompés : la santé et le temps libre ».

 

Il manque ces bienfaits à beaucoup de gens et ils se sont trompés à leur sujet. Beaucoup parmi eux ne sont préoccupés que par ce bas-monde, troublés par leurs passions, malades et subissant des épreuves. On comprend donc que peu de gens ont été gratifiés par Dieu de temps libre et de santé. S’ils remplissent ce temps libre par l’obéissance à leur Maître, ils auront remercié Dieu et gagné un grand gain, et s’ils gaspillent ce temps alors ils auront eu une grande perte. Ils se sont trompés et ont renié les deux bienfaits. Il est donc légitime que leur soient retirées ces deux grâces. C’est aussi un signe d’abandon. Le maître a dit : « A tout laissé tomber celui qui a peu d’obstacles et qui malgré cela ne va pas à la rencontre de Dieu. » Il est obligatoire pour une personne de couper ses liens et de mettre fin aux obstacles qui l’attachent et d’aller à l’encontre de ses passions. Il doit s’empresser de servir son seigneur sans attendre un autre moment qu’il jugerait plus propice. Le riche en Dieu (faqir) est le fils de son temps, tu le trouveras sans cesse occupé à la réflexion, à l’observation, à l’évocation, à se rappeler, ou à servir le maître qui le mène à son Maître. Il ne s’exprime que pour parler de la Présence Divine ou sur ce qui peut amener à Sa présence. Et Dieu est savant.

 

La troisième règle de bienséance : C’est être absorbé par Lui en toute circonstance.

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