Iqad al-Himam : Sagesse 21

Publié le 14/03/2018 par Karim C 0

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Lui demander c’est douter de lui, Le chercher c'est être absent de Lui, chercher un autre que Lui est un manque de pudeur à son égard, demander à un autre que Lui signifie que tu t'es éloigné de Lui.

Je dis : Si tu attends quelque chose de Lui, il faut lui adresser des supplications et des invocations. Si tu Le veux il faut Le rechercher et raisonner par déduction. Si tu demandes à un autre que Lui alors il faut connaître la personne à qui tu demandes et il faut qu'elle accepte. Si tu veux connaître un autre que Lui, alors il faut adresser des demandes et faire des flatteries.

Les résultats dont la signification appartient aux gens qui ont atteint la réalisation spirituelle sont au nombre de quatre. Si tu attends quelque chose de Lui en Lui demandant, c'est que tu t'es fait des fausses idées sur Lui. En effet si tu Lui demandes, c'est que tu as peur qu'Il t'oublie ou t'abandonne, on ne peut pas attirer perpétuellement l'attention de quelqu'un qui peut à tout moment s'assoupir, on ne peut pas se rappeler et évoquer quelqu'un pour qui l'oubli est possible. Le Très-Haut a dit : « Et Dieu n'est jamais inattentif à ce que vous faites. » Le Très-Haut a aussi dit : « Dieu n'est t-Il pas suffisant pour son adorateur ? » Le prophète que les prières et les salutations soient sur lui a dit : « Celui qui est occupé par Mon évocation à tel point qu'il ne me demande rien alors Je lui donne encore plus et mieux que ce que Je donne à ceux qui me demandent. » Chez les connaissants se taire face au cours du destin est encore mieux que la supplication et les invocations. Le maitre de nos maitres Moulay Al Arbi Darqawi disait : « Le disciple sincère ne réclame pas de rester dans un état spirituel par lesquels il passe, s'il est obligé de faire une requête alors qu'il demande la connaissance. » Quand on les inspire pour qu'ils fassent des invocations, ils ne le font que par servitude et avec sagesse, ils ne demandent pas à recevoir une quelconque part. Si Dieu t'a réservé quelque chose alors cela te parviendra, même si tu lui demande d’être privé de ce qu'il a forcément décrété pour toi. Au sujet de la demande à Dieu il y a une divergence entre les soufis : est ce qu'il vaut ne rien demander ou plutôt demander en invoquant Dieu. Pour avoir la confirmation de l'attitude à adopter, il faut voir ce que Dieu descend sur lui et qui élargit sa poitrine. C'est-à-dire ce qui lui apporte la sérénité, et aller dans ce sens. Voilà ce qui est voulu. Le rechercher c'est une preuve que tu es absent à Lui du fait de l'existence et de la présence de ton égo. Si ton cœur était présent et que tu t'absentes à toi même à ton égo et à tes illusions, tu ne trouveras rien d'autre que Lui. Je te vois questionner à propos du Najd alors que tu y es, et au sujet de Tihama. C'est l'agissement de quelqu'un qui doute.   

Ibn Al Marhal As Sabti a dit :

« Ce qui est étonnant, c'est que j'éprouve de l'affection envers eux. C’est avec un amour ardent que je demande de leur nouvelles alors qu'ils sont avec moi. Mes yeux les pleurent alors qu'ils sont dans leurs prunelles. Mon cœur se plaint de la distance alors qu'ils sont dans ma poitrine. »

Rifa'i a dit :

« Ils ont dit : est ce qu'il t'arrive d'oublier celui pour qui tu es passionné ?
Je leur répondis « Ô gens, comment pourrais-je l'oublier Celui qui est mon âme
Comment pourrais-je l'oublier alors que c'est grâce à Lui que les choses sont belles.
Il ne s'est jamais absenté à moi mais je ne Le vois pas.
Je dis seulement haut et fort : Il est Dieu. » 

Chercher un autre que Lui, c'est-à-dire chercher la connaissance et la reconnaissance d'un autre que Lui, est un signe de manque de respect de pudeur de ta part et de manque de proximité avec Lui. Manquer de pudeur envers Lui vient du fait qu'Il t'appelle à être en Sa Présence tu Le fuis pour te diriger vers l'insouciance et l'absence. C'est comme si une personne était en présence du roi qui l'accueille, puis ensuite il décide de le quitter pour ne plus être en sa présence et il le fuit pour aller vers quelqu'un d'autre. Cela est un manque de respect et de pudeur. C'est un manque total de considération envers le Roi. Il est donc logique de mettre cette personne à la porte ou de le traiter comme un animal. Certains ont dit : « Renie celui qui se fait connaître, et ne te fais pas connaître à celui qui ne se fait pas connaître. »

Le signe que tu ne Le prends pas pour compagnon intime, est que si tu l'avais fait, ses créatures t'auraient effarouchés et tu les aurais fui, il ne te serait jamais venu à l'idée de demander à les connaître puisque tu t'en écartes. S'Il te tient compagnie, Il te rend farouche et éloigné des créatures. Le contraire, qui est de prendre pour proche compagnon les gens, est signe d'échec. Quand tu acceptes Dieu le Vrai, tu te détournes de la création, et quand tu acceptes la création tu te détournes de Dieu le Vrai. On considère qu’un des fondements de la Voie spirituelle c'est de s'écarter des créatures en toute circonstances que celles-ci te rejettent ou qu’elles t’acceptent. 

Pour ce qui est de demander quelque chose à un autre que Lui, c'est parce que tu es loin de Lui. Si tu avais réalisé qu'il est proche de Toi, et Il est généreux, tu n'aurais pas jugé nécessaire d'adresser tes demandes à un être insignifiant en dehors de Lui. Il y a une « munajat » (discussion intime avec Dieu) qui dit : Comment demander à un autre que Toi alors que tu nous as toujours habitué à nous faire des dons. On trouve dans certains livres descendus que Dieu le Très-Haut dit : « Lorsque je descends une nécessité sur mon serviteur et qu'il M'informe ensuite du besoin qu'il a. Je connais son intention. Si les sept cieux et les sept terres se liguaient contre lui pour lui tendre un piège, J'ordonnerais l'aisance et une issue favorable concernant l'affaire qui le tracasse. Si Je descends une nécessité sur Mon serviteur et qu'il l'expose à quelqu'un d'autre pour de l'aide, la terre se fissure sous ses pieds et le ciel lui tombe sur la tête, et Je couperais le lien de causalité qu'il y a entre lui et Moi. Tant que le pacte est maintenu avec Lui, il se rend compte que la politesse spirituelle est de se contenter de la science de Dieu, d'arriver à la réalisation spirituelle par la connaissance de Dieu. Avec cette richesse spirituelle que l'on a acquise grâce à Lui on n'a besoin de rien d'autre que Lui et Dieu est savant.

La sixième règle de bienséance : l'ouverture des coffres forts des compréhensions

 Ibn 'Ata illah que Dieu sois satisfait de lui a dit : (Sagesse suivante)

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