Iqad al-Himam : Sagesse 23

Publié le 14/03/2018 par Karim C 0

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N'attends pas d'être soustrais de tes préoccupations, cela t'empêche d'être attentif à Lui dans l'état où il t'a mis.

Attendre, c'est être dans l'expectative et être patient. Les préoccupations, c'est ce qui modifie le cœur de son état initial. En général les préoccupations transforment un cœur saint et parfait en un cœur soumis aux défauts et aux imperfections. Chez les soufis, tout ce qui distrait le cœur de la présence Divine et tout ce qui soumet le cœur au changement le sortant de cet état de présence perpétuelle est une préoccupation. L'attente, la patience, dans ce cas-là, est d’être aux aguets et de surveiller son cœur afin qu'il ne sorte pas de la présence Divine. Le maitre, par ses paroles, nous explique qu'il faut toujours être sur ses gardes. Il faut surveiller son cœur comme il l'a évoqué précédemment. Il faut aussi s'atteler à surveiller son âme en la maintenant dans la contemplation continue. Surveiller son cœur, c'est faire en sorte d'être en ascension continue et d'être respectueux des convenances spirituelles.   

Je dis que si Dieu le Très-Haut t'a placé dans un état où tu es dominé par l'existence des autres et que tu es soumis à tes sens, alors Il t'a placé extérieurement pour œuvrer dans ce monde et tu ne peux éviter cette situation. Alors efforce-toi à garder ton cœur dans la Présence divine de peur que l'inattention ne te prenne. Efforce-toi à maintenir ton âme dans la contemplation afin que le monde sensoriel ne te prenne pas en otage. Force ton secret à rechercher les inspirations, les aptitudes ainsi que la science afin de ne pas te relâcher, ni tomber dans le relâchement et l'inattention. N'attend pas d'avoir les mains libres sans les préoccupations mondaines, car ton cœur risque de s'attarder sur le fait de totalement les avoir réglés par tes propres mains. Tu risquerais alors de passer à côté de la vigilance que tu dois avoir dans la situation dans laquelle Il t'a mis. Attendre d'être libéré de toute préoccupation serait donc un manque de politesse de ta part et se serait aussi une perte de temps. Perdre son temps à ne pas avoir le cœur investi dans une relation avec Dieu est une erreur qu'on ne peut réparer.

On m'a rapporté que lorsque le maitre de nos maitres Moulay Al Arbi Darqawi voyait un de ses compagnons travailler, et qu'il avait peur pour lui qu'il ne se fasse complètement happer par le monde sensoriel, il l’appelait à haute-voix en disant « hé toi ! Hé toi » afin de maintenir son attention éveillé. Pour qu'il ne se fasse pas distraire par la perception du monde avec seulement ses cinq sens. Sha'rani rapporte dans le livre al 'Ouhoud qu'un de ses maitres n'était jamais absent de Dieu (c'est-à-dire qu'il était toujours en présence divine) même lorsqu'il avait un rapport intime avec son épouse. C'est le degré des gens toujours attentifs à Dieu parmi les connaissants, on peut appeler ça l'unicité absolue même dans l'unïon. Et Dieu est savant.

Rappel : Ce que l'on a évoqué n'est pas une répétition de ce qu'il a dit précédemment. Reporter les œuvres à quand tu auras du temps libre est une insouciance de ton égo. Car cette sagesse évoquait les œuvres des membres alors que celle que nous venons de traiter se rapporte aux œuvres des cœurs. Le maitre fait allusion dans la dernière sagesse au fait d'être toujours attentif, puis ensuite d'agir en conséquence. Alors il faut appliquer cette sagesse pour en bénéficier plutôt que la répéter sans en tenir compte dans les actes.  Le succès est auprès de Dieu. Lorsque tu arrives à l'état d'être toujours vigilant et de toujours être en contemplation, même si tu es soumis au contact de l'altérité et des préoccupations, ne t'étonnes pas des impuretés et des troubles. Sinon tu seras soumis au doute et au désaveu, et c'est dans ce sens que Ibn 'Ata Illah a dit :  (Sagesse suivante)

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