Iqad al-Himam : Sagesse 24

Publié le 14/03/2018 par Karim C 0

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Ne t'étonne pas que les afflictions surviennent tant que tu seras dans cette demeure, celle-ci ne fait que révéler les véritables attributs par lesquels elle doit être qualifiée.

 

L'étonnement est une vive surprise provoqué par quelque chose d'inhabituel. Les afflictions sont ce qui préoccupe l'âme à tel point que cela lui fait de la peine. « Les véritables attributs par lesquels elle doit être qualifiée » signifie ce par quoi on doit la décrire pour la qualifier. Des connaissants ont dit : les attributs se sont les aspects nécessaires inconditionnels et non soumis au changement, et la qualification est la description qui se fait par des signes distinctifs inconstants. Par exemple la blancheur, la noirceur, la hauteur ou la petitesse sont des aspects inconditionnels et non soumis au changement alors que la maladie, la santé, la joie, la tristesse ou d'autres choses de ce genre sont des signes distinctifs inconstants. Les attributs, ou qualités ici sont aussi pour désigner ce qui ne se répète pas comme la mort, ou qui ne se répète pas souvent comme les maladies. La description c'est ce qui se produit habituellement peu, comme les tremblements de terre, les séditions, les troubles. Les maitres disent donc que les attributs sont inconditionnelles et nécessaires, et les qualifications sont des descriptions inconstantes et soumises au changement. L'opinion la plus juste et la plus saine est de dire que les attributs, les qualités et les ne sont qu'une seule et même chose.

Parmi une des autres convenances spirituelles que doit avoir le connaissant, il y a de ne s'étonner d’aucune manifestation du Vrai, et de ne pas non plus être surpris par une chose, qu'elle soit issue de Sa Beauté ou de Sa Majesté, même si elle n'est pas à sa place « habituelle ». Les manifestations du Vrai descendent accompagnées de Sa Domination. Dans ce bas-monde il y a des peines et des préoccupations qui découlent de sa Majesté. Il ne faut donc pas s'en étonner puisque ce sont des manifestations divines qui surviennent dans cette vie-là, connu  pour être un monde d'insécurité, et une place de transit où aura lieu la séparation.

Dans une parole rapporté qui est attribué au Prophète de Dieu, que les prières et les salutations soient sur lui, il dit dans certains de ces sermons : « Ô vous les gens, cette demeure est emplie de turbulence ce n'est pas une demeure stable, c'est la maison des désagréments et des soucis et non celle de la joie. Celui qui connait cette demeure ne se réjouira pas dans l'aisance et ne s'attristera pas lors des afflictions car Dieu a créé ce monde ici-bas pour les afflictions et les épreuves et la maison de l'au-delà pour la rétribution. Il a fait des épreuves et des afflictions de ce bas-monde une raison pour récompenser dans l'autre monde, et il a fait de la récompense de l'autre monde une contrepartie aux épreuves et aux afflictions de ce bas-monde. Lorsqu'Il prend ou prive c'est pour redonner par la suite, s'Il éprouve c'est pour récompenser derrière.  La vie d'ici-bas change et est rapidement soumise à la distorsion, et il arrive à sa fin. Prenez garde à la douceur de la terre, car le sevrage sera amer. Délaissez le plaisir rapide et éphémère de ce monde, car sa fin est douloureuse. Ne cherchez pas à essayer de construire quelque chose ici-bas alors que Dieu a déjà décrété sa destruction. Il veut que vous vous en écartiez alors n'essayez pas de rester en contact avec, car vous vous exposeriez à son courroux et vous mériteriez Son châtiment. »

Al Junayd a dit : « Je ne tiens pas en aversion ce que me réserve quotidiennement ce bas monde car j'ai véritablement compris sa nature. Cette demeure est celle des épreuves, du chagrin de l'oppression, des afflictions, et des troubles. Ce monde tout entier est mauvais. Dieu dans Sa sagesse a décrété que ce bas-monde se présentera à moi avec ce qui me répugne. S’il lui arrive de se présenter à moi avec ce que j'aime alors c'est une grâce, sinon rien de plus normal car sa nature est celle que nous avons évoquée précédemment.

Il a été dit à ce sujet :  (Sagesse suivante)

« Celui qui est doué d'intelligence s'imagine dans son esprit.
Les difficultés avant qu'elles n'adviennent.
Et lorsqu'elles descendent soudainement, il ne panique pas.
Car il s'était déjà préparé intérieurement à de telles choses.
Il voit que chaque situation en entraîne une autre.
La situation finale devient alors la situation initiale.
Quant à l'ignorant il sent qu'il vit des jours sereins, et oublie les afflictions qu'il a vécues.
Quand il se fait assaillir par les vicissitudes du temps il est chagriné.
S'il avait pris de fermes précautions.
Il aurait appris la patience durant les épreuves. »

Abou Soulayman Darani a dit à Ahmad Ibn Al Hawari : « Ô Ahmad, un peu de faim, un peu de nudité, un peu d'avilissement, et un peu de patience. Pendant que le temps qu'il te reste à vivre dans ce bas-monde s'amenuise. Ô connaissant, ne t'étonne pas des épreuves qui arrivent aux autres ou à toi-même, il y en aura tant que tu vivras dans cette demeure d'ici-bas. En effet, ces épreuves sont l'aspect externe des manifestations de Sa Majesté, c'est seulement de cette manière dont il convient de le décrire et de le qualifier. Ne soit surpris ni étonné par rien. Tu te dois de connaître Dieu dans la beauté et dans la majesté, dans la douceur et dans l'amertume. Si tu ne le connais et ne le vois que dans la beauté alors sache que c'est la station des gens du commun. La connaissance de la Majesté se traduit par la tranquillité, la satisfaction, la bienséance et la soumission. On attend du riche en Dieu (faqir) qu'il soit comme les plantes des zones humides : quand il y a une crue elles se courbent et quand ça se termine elles se relèvent. Tu n'es pas surpris quand il y a des épreuves car quand elles surviennent tu ne t'attristes pas, tu n'as pas peur, et tu ne t'inquiètes pas. De la même manière ne sois pas étonné par la félicité car elle découle de Sa Beauté. N'éprouve donc pas de joie excessive et ne sois pas ingrat. Sa Majesté va de pair avec Sa Beauté, et elles alternent successivement, tout comme le jour et la nuit. Le connaissant s'adapte et change donc en fonction de l'alternance rien ne l'étonne ni ne le surprend. Tout émane de Celui qui détient toute la Puissance, il est Unique. C'est comme cela que l'on différencie le sincère et le véridique (Sadiq et Siddiq). Le véridique (Siddiq) contrairement au sincère (Sadiq) ne s'étonne de rien, et il ne doute pas en ce que Dieu lui a promis. Le sincère (Sadiq) quant à lui s'étonne dès qu'il voit quelque chose sortant de l'ordinaire. Lorsqu'une chose lui a été promise il hésite à exécuter ce qui va en ce sens. Dieu le Très-Haut a qualifié notre Dame Marie (Maryam) de véridique (Siddiqa). Mais il n'a pas attribué ce qualificatif pour notre Dame Sarah car lorsqu'elle reçut la nouvelle qu'elle allait miraculeusement avoir un enfant elle s'est étonnée et a dit : « voici quelque chose d'extraordinaire » C'est la raison pour laquelle les anges lui ont dit : « T’étonnes-tu de l'ordre de Dieu ».

Cela n'a pas été le cas de Marie (Maryam) qui ne s'est pas étonnée. Elle a seulement posé une question pour comprendre. Elle a demandé quand cela allait se produire et de quelle manière, à savoir, est-ce qu'elle allait enfanter suite à un mariage ou d'une autre façon. Et Dieu Sait mieux.         

Puis, le maitre Ibn'Ata Illah Sakandari évoque une huitième convenance spirituelle qui est de se comporter et d'agir divinement par Dieu en Dieu et pour Dieu, c'est la station de la véracité, qui est le cœur de la sincérité, celle de l'élite de l'élite. Il dit :

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