Iqad al-Himam : Sagesse 25

Publié le 14/03/2018 par Karim C () Partager

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Personne ne peut t'empêcher d'obtenir quelque chose si c'est par ton Seigneur que tu veux l'avoir, et rien de ce que tu veux obtenir par toi-même n'est facile.

 

Empêcher, c’est contraindre de manière à rendre impossible. Vouloir obtenir, c’est la requête faite en vue de son obtention. Rendre quelque chose de facile, c’est la rendre aisée à l’obtention.

 

Je dis : « Si tu es exposé à un besoin dans ce bas monde ou dans l’au-delà, et tu veux qu’il soit satisfait rapidement, ne recherche pas son obtention par toi-même. Si tu cherches à satisfaire ton besoin par le biais de Dieu, on te favorisera son obtention avec facilité. Par contre si tu cherches à obtenir satisfaction par toi-même, alors cela te sera rendu difficile et pénible. Un besoin cherché à être satisfait par le biais de Ton Seigneur ne pourra être bloqué ou empêché et ce que tu recherches par toi-même ne te sera rendu ni aisé ni facilité. Le Très-Haut a dit, en parlant de notre maitre Moise, que la paix soit sur lui : « Moïse dit à son peuple : “Implorez le secours de Dieu et soyez patients. La terre appartient à Dieu et Il en fait hériter qui Il veut parmi Ses serviteurs. L’heureuse fin attend ceux qui Le craignent.” » Il dit aussi : « Dieu suffit à quiconque s’en remet à Lui. Dieu fait que Son ordre s’accomplisse toujours. Dieu a fixé un décret pour chaque chose. » C’est-à-dire que Dieu se chargera de combler ce qui te tient à cœur. Le Prophète, que les prières et les salutations soient sur lui, a dit à Abd Rahman Ibn Abi Samra : « Ne recherche pas le poste de commandeur, tu en dépendras. S’il te vient sans que tu ne le recherches alors tu seras assisté divinement. » Le signe que l’on recherche et que l’on demande par Dieu, c’est d’être détaché de la demande et d’être absorbé par Dieu. Si vient le moment de l’obtention, c’est par la permission de Dieu. Le signe que l’on recherche et que l’on demande par soi-même, c’est qu’on le fait par cupidité et de manière brutale. Lorsque l’obtention de ce qui est recherché est difficile, on est crispé et empli d’incertitudes. C’est ainsi que l’on peut distinguer celui qui cherche et demande par Dieu de celui qui le fait par lui-même. Si on cherche à obtenir quelque chose par Dieu, on l’obtiendra quand même spirituellement, même si ce n’est pas matériel ou perceptible. Celui qui cherche à obtenir quelque chose par lui-même, il échouera dans sa quête et il perdra son temps, même si à première vue ce qui le préoccupait, ou le besoin qu’il avait, semble avoir été satisfait. C’est une norme qui permet de distinguer les gens de la sainteté soutenus et assistés divinement, de ceux qui sont laissés, livrés à eux-mêmes, voués à leur perte.

 

Le maitre Shadhili l’a évoqué et a dit : « Lorsque Dieu veut honorer un de Ses serviteurs dans ses mouvements et dans sa quiétude, Il lui accorde l’état de servitude, Il le préserve en le délestant d’une part de son égo et Il le dirige vers Son adoration. Par contre, lorsque Dieu veut abandonner son serviteur, Il le laisse exposé aux flatteries de son égo et le gonfle et Il le voile à Son adoration. Le serviteur se tourne donc vers les passions de son égo et il s’éloigne de l’adoration de Dieu. Si ce qu’il recherche se produit en apparence, il dit : « c’est une des portes de la sainteté et du bonheur ». En réalité, pour ceux ayant atteint la grande sainteté et la véracité absolue, le bonheur, la part qui nous revient de droit ou ce qui est dû ont la même valeur. Ces personnes-là disposent de la clairvoyance spirituelle : tout est vu en fonction de Dieu, qu’il prenne ou qu’il laisse (le maitre Zarrouq l’a cité dans certains de ses commentaires.)

 

En conclusion, tous les actes du connaissant se font par Dieu et tous les actes des autres se font avec leur égo. En effet, si elles avaient été faites par Dieu, les actions les auraient forcément rapprochés de Lui. Elles méritent forcément d’être récompensées. Celui qui agit par Dieu pénètre le voile dans la contemplation des biens aimés. L’action par Dieu donne lieu à une récompense qui se situe derrière la porte. Ce sont les gens de la réalisation qui agissent par Dieu, ils sont compris dans ce verset du Très-Haut : « c’est Toi que nous adorons », les gens de la Loi (shari'a) agissent pour Dieu, ils sont compris dans le verset suivant : « c’est Toi dont nous implorons le secours. »

 

Le maitre de nos maitres, Sidi Ali, a dit : « la différence entre agir par Dieu et agir pour Dieu, est la même que celle qu’il y a entre le dinar et le dirham. »

 

Le connaissant de Dieu se distingue par quatre signes.

 

Le premier signe : c’est le retour à Dieu dès le commencement : (Sagesse suivante)

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Commentaires (2)

Nouveau commentaire

de Anonyme Dimanche 27 mai 2018 à 19h29

Salam aleykom
Les sagesses sont coupées il manque la fin pour information.
Fi amaniLah
Hajare

de Julien Barbe Lundi 28 mai 2018 à 00h04
Wa 3laykoum salam wrwb
Elles ne sont pas coupées, mais les dernières phrases sont des introductions aux sagesses suivantes.
Par exemple ici "Le premier signe : c’est le retour à Dieu dès le commencement :" introduit la sagesse 26.

Wa Salam