Iqad al-Himam : Sagesse 44

Publié le 28/03/2018 2

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Il se peut que tu sois mauvais et que tu te crois vertueux car tu es le compagnon de quelqu'un de pire que toi.

 

Je dis : « être compagnon » est placé avant l’action de «se croire vertueux » afin de donner une juste valeur des choses. En effet il se peut que ton état soit mauvais et que tu sois négligeant dans tes œuvres. Si tu prends comme compagnon celui dont l’état est pire que le tien, voir ou croire ta compagnie avec cette personne comme une faveur que tu lui fais ; En considérant tes bienfaits et faveurs comparés à ses négligences et à ses manquements ; fait croire à ton égo qu’il est une bonne compagnie dont on peut tirer des bénéfices. Et cela car l’égo est sujet à ne voir que ses bons côtés et à ne voir que les négligences des autres. Que ce soit dans la science, dans les œuvres ou dans les états spirituels. En revanche, si tu prends pour compagnon quelqu’un dont l’état est meilleur que le tiens, ton égo ne voit que ses négligences, ses manquements et il y en cela un grand bien.

Le maître Abou Al Hassane a dit : « Conseille-moi Ô mon Bien Aimé ! »

Le Bien Aimé a alors dit : « Ne fais pas un pas, sans que cela soit vers une récompense de Dieu. Ne t’assieds qu’avec celui dont tu es quasiment certain de ne pas craindre qu’il désobéisse à Dieu. Ne te prends d’amitié que pour quelqu’un grâce à qui ta certitude en Dieu augmentera, et ils sont peu nombreux. »

Le Bien Aimé a aussi dit : « Ne prends pas pour compagnon celui dont l’égo te pèse, car il s’agit là d’un mal. Ne prends pas non plus pour compagnon celui sur qui ton égo à de l’influence car il ne résistera pas. Prends pour compagnon celui qui lorsqu’il parle évoque Dieu. Celui qui, lorsqu’on le voit, rien ne nous est nécessaire si ce n’est Dieu. L’évocation d’un tel compagnon est une lumière pour le cœur, il assiste celui qui se perd et le contempler ouvre une porte au monde des mystères ».

Ne prends donc pas pour compagnon celui qui est un fardeau pour toi, et ne cherches pas à être le compagnon de quelqu’un pour qui tu es un fardeau. Les meilleurs choses sont celles du juste milieu. Ceci concerne le compagnonnage des frères, et Dieu est Savant. En ce qui concerne le compagnonnage des maîtres spirituels (Shouyoukh), il est à noter que chaque ordre que donne le maître, chaque indication, où chaque compréhension que tu as de ce qu’il aimerait, tu te dois de t’empresser de l’appliquer au mieux et cela en fonction de tes capacités. Même s’il s’agit de quelque chose d’impossible, il faut se préparer à l’accomplir.

Le maître de nos maîtres Sidi Al Arbi Ben Ahmad Bin Abd Allah a dit : « Le véritable cheminant qui est sincère c’est celui qui, si son maître lui dit : « Rentres dans le chat de l’aiguille » n’a pas d’hésitation, et s’empresse d’exécuter l’ordre même si cela lui est impossible ».

Il a aussi dit : « Mon compagnon est celui dont je solidifie les liens spirituels grâce à ses convictions ».

Sidi Ali a dit dans son livre : « Il n’y a rien qui rapproche plus de Dieu quelqu’un qui recherche Dieu, que l’assise avec un de Ses Connaissants, s’il en trouve un. Et s’il n’en trouve pas, alors qu’il évoque Dieu nuit et jour, assis où couché, en s’isolant des gens qui se sont noyés dans ce bas-monde, en s’abstenant de leur adresser la parole et de les regarder. Car ce sont des poisons qui noircissent le cœur. Il n’y a pas pire que l’assise avec un cheminant ignorant, il est en effet mille fois pire que l’aveugle négligent. L’assise avec un connaissant de Dieu est meilleure que l’isolement, et l’isolement est meilleur que l’assise avec les négligents du commun. L’assise avec le négligeant aveugle est meilleure que l’assise avec un cheminant ignorant. Il n’y a d’ailleurs pas de pire chose pour noircir le cœur que l’assise avec un cheminant ignorant de Dieu, car il peut égarer le disciple de son maître par un regard ou une parole. Que Dieu fasse miséricorde à Abd Rahmane Al Majdhoub pour les paroles qu'il a prononcé : « L’assise avec des personnes qui ne sont pas celles de bien, t’avilis, même si tu es pur. »

Sahl Bin 'Abd Allah a dit : « Fais attention à la compagnie de trois types de personnes : Les tyrans négligents, les lecteurs pleins de flatteries et les soufis ignorants. » Le maître Zarrouq a rajouté : « les savants de l’externe car ils sont totalement sous l’emprise de leur égo ».

Je dis : L’assise avec les savants de l’externe est de nos jours pire que l’assise avec soixante-dix aveugles négligents ou soixante-dix ignorants. Ils n’ont de connaissance que l’externe de la Loi (Sha’ria) et ils considèrent dans l’erreur ou l’égarement celui qui diverge avec eux. Ils réfutent toute contradiction croyant qu’ils sont en train de prodiguer de bons conseils alors qu’ils se trompent. Le disciple doit faire attention à eux et éviter de leur tenir compagnie autant que possible. Si une question lui pose problème et qu’il ne trouve personne de la science interne pour répondre, alors il peut questionner une personne qui se cantonne uniquement à l’externe mais en prenant garde. Il doit agir dans ce cas-là, comme une personne assisse auprès d’un scorpion ou d’un serpent, c’est-à-dire, avec la plus grande des précautions. Par Dieu, jamais je n’ai vu aucun disciple réussir dans la Voie des gens de l’élite après s’être rapproché d’eux et leur avoir tenu compagnie.

Que Dieu fasse miséricorde à Abou Dharr al Ghifari pour ses paroles : « Par Dieu je ne les interrogerai pas à propose de ce bas-monde et ne leur demanderai pas d’avis sur la religion. Il existait à l’époque des savants chez les compagnons vertueux, que Dieu les agrée, imagines toi alors ce qu’il en est de nos jours ou ils sont absorbés par ce bas-monde et qu’ils s’apprêtent avec de beaux vêtements, avec de grands turbans, qu’ils se gavent de bonne nourriture et s’accommodent de belles montures et belles résidences. Ils pensent qu’il s’agit là de la tradition prophétique. Il n’y a de puissance et de force qu’en Dieu ».

Yahya Ibn Razi disait aux savants de son temps : « Ô vous assemblée de savants, vos montures sont semblables à celles de Qaroun, vos résidences sont semblables au peuple de Haman, vos nourritures sont pharaoniques, vos mariages sont tels celui de Goliath, vos fêtes sont celle de la période de la jahilyia (période de l’ignorance préislamique). Vous avez établi des modes de fonctionnement sataniques, ou est dont la communauté Mouhammedienne ?

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Commentaires (2)

Nouveau commentaire

de Aïmen Mercredi 12 décembre 2018 à 17h08
Salam aleikoum, merci pour ce travail énorme que vous faites pour rendre disponible ce trésor à ceux qui ne parlent pas arabe. J'aurais souhaité savoir, si vous prévoyez de l'éditer au format papier prochainement ou si vous alliez poster les sagesses qui manquent sur Ame horizon ?

de Julien Barbe Mardi 25 décembre 2018 à 11h18
wa 3laykoum salam wrwb oui nous allons publier la suite bien sûr ! et une version papier est en cours mais tout cela prends beaucoup de temps :)