Iqad al-Himam : Sagesse 49

Publié le 28/03/2018 1

Sagesse précédente Sommaire Sagesse suivante

N'exagère pas tes péchés de sorte à ce que tu n'aies pas une bonne opinion envers Dieu le Très-Haut. 

 

Je dis : Les gens partagés entre la crainte et l’espoir sont de trois sortes. Les gens du commencement : On attend d’eux que la crainte prédomine. Les gens du milieu doivent être partagés entre leurs espoirs et leur crainte. Les gens arrivés à la fin du cheminement spirituels ont l’espoir qui prédomine.

Les gens qui commencent le cheminement spirituel doivent avoir la crainte qui prédomine afin qu’ils persistent et s’efforcent à œuvrer dans le bien et arrêtent les péchés, ainsi ils auront une fin heureuse. « Ceux qui auront combattu pour Nous, Nous les dirigerons sur Nos chemins. Dieu, certes, est avec ceux qui font le bien. »

Les gens au milieu de leur cheminement doivent être partagés entre crainte et espoir, car leur adoration est passée à l’étape de la purification interne, elle se fait donc à partir du cœur et donc, si la peur est prédominante, alors ils reviennent à une adoration purement externe et corporelle, tandis qu’une adoration intérieure est basée sur l’espoir d’arriver à Dieu. Mais ils doivent craindre le déshonneur, ainsi leur crainte et leur espoir sont équilibrés.

Pour ceux qui sont arrivés à la fin du cheminement, ils ne voient plus leurs actions ou leurs inactions venant d’eux même. Ils ne voient plus que l’action du Vrai et ce qui découle de Son action qui se produit selon ce qui a été prédestiné. Ceci afin qu’ils aillent à Sa rencontre avec acceptation et satisfaction. Lorsqu’il leur a été décrété l’obéissance alors ils remercient Dieu et y voient Son œuvre. Et lorsqu’il leur a été décrété la désobéissance, ils s’excusent et reviennent aux bonnes convenances sans s’arrêter sur leur égo ou sur eux-mêmes, car cela n’a pour eux plus d’existence. Ils regardent ce qui émane de Celui qui détient la Puissance et la Force, ils voient de manière prononcée Sa clémence, Sa générosité et Sa bonté, plutôt que Sa contrainte et Son assujettissement.

Que Dieu fasse miséricorde à Shafi’i qui a dit :

« Lorsque mon cœur s’est endurci et que mon chemin s’est rétréci, j’ai fait l’espoir d’une échelle pour atteindre l’espérance. Mes péchés me sont apparût si grand, mais lorsque je les compare à Ton pardon, Ô mon Dieu, ton pardon est bien plus grand. Tant que la générosité, les faveurs et les grâces persistent. Tu détiens la générosité, Tu pardonnes avec grâce et noblesse. Que je connaissance ma place au paradis dans l’apaisement, ou en enfer dans le regret. »

Le Très-Haut dit : « Dis : Ô Mes serviteurs ! Vous avez commis des transgressions envers vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu ! Dieu pardonne tous les péchés. En vérité, Il est Le Pardonneur, Le Clément ! »

Médites donc sur l’histoire de celui qui a tué quatre-vingt-dix-neuf personnes, puis qui interrogea un moine sur le repentir et que celui-ci lui dit : « Pour toi point de repentir ! ». Notre homme le tua, complétant ainsi la centaine de ses meurtres. Il s’en alla ensuite voir un savant et lui formula la même question, celui-ci lui répondit : « Qu’est ce qui te séparerais du repentir ? Cependant vas à tel endroit car il y a un peuple qui adore Dieu, demeure parmi eux jusqu’à ta mort ». L’homme se mis en route et arrivé à mi-chemin la mort l’emporta, puis les anges de la miséricorde et les anges du châtiment se disputèrent. Dieu leur révéla de mesurer la distance entre la contrée d’où il venait et le lieu de sa mort, ainsi que la distance entre la contrée où il se rendant et le lieu de sa mort. Et que son sort serait en fonction de la contrée de laquelle il était le plus prêt. Dieu ordonna à la contrée où il se rendait de se rapprocher et Il ordonna à la contrée d’où il venait de s’éloigner. Les anges ensuite mesurèrent et virent que la contrée vers laquelle il se dirigeait était plus proche d’un empan[1] que de celle d’où il venait. Les Anges de la Miséricorde le prirent, le Hadith se trouve compilé dans les deux recueils authentiques et je l’ai rapporté avec les significations subtiles.

Le maître Abou Al Abbas Al Moursi a dit : « Lorsque l’on fait peur aux gens du commun, ceux-ci éprouvent de la peur et lorsque l’on suscite en eux l’espoir, ceux-ci se mettent à espérer. Pour les gens de l’élite, lorsque l’on fait naître la crainte en eux ils éprouvent de l’espoir et lorsque l’on suscite en eux de l’espoir ils éprouvent de la crainte. »

Il dit aussi dans Lata’if Al Minan : « La signification des paroles du maître, c’est que les gens du commun s’arrêtent à l’aspect externe de Son ordre. Donc s’Il suscite en eux la crainte, ils ont peur, car ils n’ont pas la perspicacité et la lumière des gens de Dieu pour comprendre l’expression divine. Les gens de Dieu quant à eux, lorsqu’est susciter en eux la crainte, ils éprouvent de l’espoir car ils savent que derrière leur peur et ce qui la provoque, se trouve des attributs et des qualités de Celui qu’ils désirent et dont on sait qu’il n’y a pas à désespérer de Sa Miséricorde ni de Sa Grâce. Ces gens-là se tournent donc vers les attribuent liés à Sa Générosité qu’ils connaissent. Leur peur est d’être réunis autour de Sa Générosité, puis par cette même Générosité d’en être dispersé et expulsé. Et ils ont peur du mystère que cache Sa Volonté derrière leurs espérances, plus particulièrement, ils craignent que l’espoir qui se présente à eux ne soit en réalité qu’un test pour leur intellect, une épreuve pour savoir s’ils s’attachent et s’arrêtent à leur espoir ou s’ils cherchent d’une manière plus poussée ce que cache Sa Volonté. Voilà pourquoi l’espoir l’emporte sur leur crainte.

Al Junayd entra chez son maître Sari Saqati, que Dieu les agrées tous, et l’a trouvé, renfermé, contracté. Il lui demande : « Que t’arrives-t-il maître pour que tu sois ainsi crispé ? ». Sari répondit : « Un jeune est entré chez moi et me demanda : « Quelle est la signification réelle du repentir ? ». Je lui répondis de ne pas oublier ses péchés. Il m’a alors répondu : « c’est plutôt d’oublier tes péchés ». Puis il est sorti ». Al Junayd lui dit : « L’opinion la plus correcte est celle du jeune homme, en effet si je suis dans un état d’impureté, puis que Dieu me change d’état pour mettre dans celui ou j’atteste de pureté, puis que je me mette à me remémorer la condition d’impureté dans laquelle j’étais, cela signifie revenir à un état d’impureté ». Le point de vue de Sari est celui de ceux du commencement, et celui d’Al Junayd est le point de vue de celui des gens de la fin du cheminement. Les deux opinions sont correctes en elles-mêmes. Et Dieu le Très-Haut est le plus Savant.

Puis Ibn ‘Ata Illah évoque l’obligation d’accorder moins d’importance à son péché.

 

Celui qui connaît son Seigneur voit ses péchés devenir insignifiant quand ils sont exposés à Sa Générosité.

Je dis : celui qui connaît Dieu, il a la vision de ses péchés occultés par la vision de Son Seigneur que lui offre son extinction en Lui. S’il commet un acte qui est contraire à la sagesse, alors il est dominé par la vision de Sa faveur. Le Très-Haut a dit : « Fais savoir à Mes serviteurs que Moi, Je suis le Pardonneur, le Clément, » et concernant la suite des paroles du Très-Haut « et que Mon châtiment est le châtiment douloureux. » cela s’applique à celui qui ne se repent pas. Le Prophète, que la prière et les salutations soient sur lui, a dit : « Même si vous péchiez à tel point que vos fautes atteignent les rennes du Paradis, puis que vous vous repentiez ensuite, Dieu vous accordera le repentir. Si les serviteurs ne commettaient pas de péchés, Dieu les aurait fait disparaître pour les remplacer par un autre peuple qui pèche et qui demande pardon à Dieu, et Il leur pardonnera, car Il est le Pardonneur Tout Miséricordieux ». Dieu se réjouit plus du repentir de Ses serviteurs que d’une personne assoiffée trouvant de l’eau, que d’une personne stérile apprenant qu’elle peut enfanter, ou que d’une personne ayant perdu son chameau en plein milieu du désert et qui le retrouva. En revanche, il ne faut pas non plus minimiser ses péchés à tel point d’être trompé en ayant une idée erronée à propos de l’indulgence de Dieu.

Dieu a révélé à David, que la paix soit sur lui : « Ô Daoud, dis à Mes serviteurs sincères de ne pas être bercé par de fausses illusions, car lorsque Ma justice et Mon équité surviennent Je les punis sans injustice ni oppression, et dis à Mes serviteurs pécheurs qu’ils ne désespèrent pas, car pour moi aucun de leurs péchés n’est trop grand pour que Je ne puisse leur pardonner. »

Al Junayd a dit : « Si une source jaillit du Généreux, elle relie le pécheur au vertueux. »

Le maître Abou Al Abbas Al Moursi a dit dans son oraison : « Ô mon Dieu, Te désobéir m’appelle à l’obéissance, et T’obéir m’appelle à la désobéissance, et dans les deux cas j’éprouve de la crainte, et dans les deux cas j’éprouve de l’espoir. Si je professe la désobéissance Tu viens à moi avec Ta faveur et tu ne me laisses pas avec la crainte, si je professe l’obéissance Tu viens à moi avec Ta justice et tu me laisses sans espoir. Comment pourrais-je me rendre compte de ma bienfaisance et de ma grâce si on la compare à la Tienne, et comment pourrais-je ignorer Ta faveur face à ma désobéissance ? ». Le sens des paroles du maître sont les suivants : Lorsque le serviteur est dans un état de désobéissance, il se rend compte de la domination du Vrai et de Son immense grandeur et par la même occasion de la faiblesse de son égo et de son incapacité. Par le péché il parvient à briser et à rabaisser son égo tout en glorifiant et honorant son Seigneur. Et voici la meilleure des obéissances, ainsi l’état de désobéissance dans lequel il est l’amène à une obéissance qui lui permettra d’éviter de désobéir. S’il est dans l’obéissance, il se peut qu’il contemple son égo en recherchant son bien-être et sa fortune, il se met donc à associer Dieu. Il viole ainsi les règles de bienséance, il s’agit là d’une désobéissance. Voilà le type de péchés auxquels il pourrait être amené par l’obéissance. C’est donc pourquoi le serviteur ne sait ni de quoi avoir peur ni de quoi espérer. Les paroles : « Si je professe la désobéissance » veulent dire : si je regarde l’image de la désobéissance, tu viens à moi avec Ta grâce et Tes faveurs, la désobéissance est ainsi effacée et son spectre et sa forme sont détruits. Si je regarde l’image de l’obéissance, tu me rencontres avec Ta justice, l’obéissance s’efface puis fini par disparaître. Il ne reste plus que l’espoir pur en le Généreux, le Donateur, qui donne sans cause ni raison spécifique et qui couvre par Son indulgence tout reproche et toute polémique. Et Dieu est le plus Savant.

Voilà le type de péchés auxquels il pourrait être amené par l’obéissance.

C’est pour cela que le Connaissant ne s’arrête pas aux péchés même s’ils sont immenses, il ne s’arrête pas non plus sur les actes d’obéissances même s’ils sont très importants. Voilà la signification de la sagesse suivante : (Sagesse suivante)

 

[1] Soit 22,86 centimètres.

Sagesse précédente Sommaire Sagesse suivante

Commentaires (1)

Nouveau commentaire

de babou Samedi 18 mai 2019 à 14h32
très intéressant ....mais trés dur à assimiler .