Iqad al-Himam : Sagesse 60

Publié le 28/03/2018 par Karim C 0

Sagesse précédente Sommaire Sagesse suivante

Le déshonneur est une pousse qui grandit sur la terre de la convoitise.

Je dis : Ici le terme « grandit » signifie la hauteur, Dieu le Très-Haut a dit : « Et les palmiers élancés », c’est-à-dire qu’ils sont de grande tailles. La pousse est une graine, une semailles. La convoitise est ce à quoi s’attache le cœur lorsqu’il regarde un autre que le Maître.

L’arbre du déshonneur, de l’humiliation et ses branches ne poussent vers le ciel que si l’on a semé la graine de l’arbre sur la terre de la convoitise. Voilà pourquoi le maître Abu Al Abbas Al Mursi a dit : « Par Dieu je n’ai vu la véritable puissance que lorsque l’aspiration s’est élevé au-delà des créatures ». La convoitise et la cupidité sont à l’origine de l’humiliation et celui qui possède la convoitise dans son cœur a en fait délaissé Le Créateur Glorieux et Tout Puissant pour s’attacher à une vile créature. Celui qui a délaissé son Maître Généreux pour s’attacher à un pauvre serviteur indigent s’est appauvri. Celui qui a délaissé l’aspiration élevée en direction du Riche Généreux a vu ses ambitions baisser et être redirigées vers un être vil et blâmable, celui-ci entre dans le même cas de figure que le premier

Dieu accorde la subsistance de son serviteur en fonction de ses aspirations. L’adorateur de Dieu est libre d’aspirer à autre chose que Lui, dans ce cas-là il devient l’adorateur de la créature, de ses passions et de son égo. Sache qu’effectivement, tant que tu convoites une chose, que tu l’aimes, tu en es l’esclave. Par contre si tu te détaches d’une chose et que tu élèves ton aspiration vers Lui, tu te libère de cette même chose. Et à ce sujet, le poète a dit :

« Mes convoitises refusent de me détruire.

Car j’en suis purifié et hermétique.

L’homme libre est leur esclave tant qu’il leur est soumis. »

Il est dit dans le livre Tanwir : « Ô serviteur, soit comme Ibrahim. Ton père Ibrahim, que les prières de Dieu et ses salutations soient sur lui a dit : « Je n’aime pas ceux qui disparaissent. » ». Et tout est amené à disparaître en dehors de Dieu, que ce soit dans l’éventualité ou dans la réalité. Dieu le Très-Haut, glorifié soit-Il a dit : « La religion de ton père Ibrahim ». Il est obligatoire au croyant de suivre la religion et le groupe d’Ibrahim, et il faut, dans sa religion, élever son aspiration bien au-dessus des créatures. Le jour où Ibrahim fut catapulté , Jibril vint le voir et lui demanda : « As-tu besoin de quelque chose ? » Ibrahim répondit : « De toi non, mais de Dieu certainement ». Jibril dit alors : « Demande lui », ce à quoi Ibrahim répondit : « Dieu seul me suffit, je n’ai pas besoin de Lui demander car il connaît mon état ». Vois comment Ibrahim, que les salutations de Dieu et les prières soient sur lui, a élevé son aspiration au-delà des créatures et l’a dirigé vers Le Roi, Le Vrai. Il n’a pas demandé secours à Jibril, ni ne lui a demandé de demander à Dieu pour lui, mais il a vu que le Vrai, glorifié soit-Il, était plus proche de lui que Jibril et sa requête. C’est la raison pour laquelle Dieu le sauva du supplice de Nemrod et l’a comblé de Ses Bienfaits et de Sa Grâce en en faisant un élu pour Le rencontrer. La religion d’Ibrahim est contre tout ce qui distrait de Dieu, l’aspiration se fait par l’affection de Dieu le Très-Haut. Dieu dit : « Assurément, ces idoles me sont un ennemi, ce que n’est pas le Seigneur des mondes ». Si tu veux que l’on te montre le Riche, sache qu’il est dans le fait de ne plus espérer en un autre que Lui.

Le maître Abu Hassan a dit : « J’ai perdu espoir que je puisse m’être bénéfique, alors comment croire que quelqu’un d’autre puisse m’apporter du Bien. J’ai prié Dieu pour d’autres, alors pourquoi ne le ferais-je pas pour moi ? » Voilà la chimie et l’élixir et celui qui le détient devient riche, il ne connaître jamais la misère, il sera honoré et ne connaîtra jamais l’humiliation, il connaîtra la générosité sans jamais avoir besoin de dépenser. Ceci est l’alchimie des gens qui ont la compréhension de Dieu.

Le maître Abou Hassan a dit : « Il y a un homme qui me tenait compagnie et me pesait, j’ai été franc avec lui et il l’a été avec moi. Je lui ai demandé : « Ô mon fils, de quoi as-tu besoin afin que tu ne restes plus en ma compagnie ». Il dit : « Ô mon maître, on m’a dit que tu connaissais l’alchimie. Je t’ai pris pour compagnie afin que tu m’apprennes cette science ». Abu Hassan répondit : « Tu as dit vrai, ainsi que celui qui t’a raconté cela, cependant je doute que tu acceptes ce que je vais te dire. J’ai vu les créatures et j’ai trouvé qu’il y en a deux types, les ennemis et les bien-aimés. J’ai vu les ennemis et j’ai constaté qu’ils n’étaient pas capables de me piquer avec une épine si Dieu ne le voulait pas, j’ai donc arrêter de les regarder. Quant aux bien-aimés, j’ai constaté qu’ils ne pouvaient m’être d’aucune utilité si Dieu ne le voulait pas, j’ai donc cessé d’avoir espoir en eux et je ne me suis attaché qu’à Dieu. » ». On m’a dit : « Tu n’atteindras pas la réalité de cette affaire sauf si tu coupes l’ambitions que tu as, en nous et en d’autre que nous, de te donner autre chose que ce qui t’ai été décrété dans la prééternité. Une fois il a dit a quelqu’un qui l’interrogeait sur l’alchimie : « Fais sortir les créatures de ton cœur, et n’espère pas que ton Seigneur te donne plus que ce qu’Il t’a réservé ». Les connaissances du serviteur ne prouvent pas qu’il en a la compréhension, ni qu’il soit apte à les appliquer. La compréhension et l’illumination du serviteur se mesurent par la richesse qu’il a en Dieu, par le fait qu’il dirige son cœur vers Lui, par le fait qu’il prend des précautions contre les convoitises et par les parures du scrupule qu’il revêtit. C’est par ces derniers faits que s’assainissent les actions et que se purifient les états spirituels.

Le Très-Haut dit : « Ce qui se trouve sur la terre, ce sont les ornements dont Nous l’avons parée afin d’éprouver les hommes et de voir lesquels agissent le mieux ». Les bons agissements sont tout bonnement la compréhension de Dieu. La compréhension comme nous l’avons évoqué se distingue à travers différents fruits qui sont : Être riche en Dieu, c’est-à-dire que Lui seul nous suffise, mais aussi compter uniquement sur Lui et toujours confier nos affaires entre Ses mains. Il faut rechercher la piété à partir de soi, plus que partout ailleurs et se purifier de la convoitise que l’on pourrait avoir envers les créatures. Même si un homme cupide se lave dans sept océans il ne sera pas purifier, sauf s’il arrête d’avoir espoir en eux et qu’il élève son aspiration au-dessus des océans, vers Dieu.

L’imam Ali, que Dieu ennoblisse sa face, est arrivé à Bassora et il pénétra dans une mosquée. Il y vit des gens qui s’entretenaient entre eux, il les fit se lever un par un jusqu’à ce qu’il arriva à Hassan Al Basri. Il lui dit : « Ô jeune homme, je vais t’interroger sur quelque chose, si tu y réponds correctement je te laisse à ta place, sinon je te ferai lever comme je l’ai fait pour tes compagnons ». Ali avait décelé en ce jeune homme la guidée et le bon comportement. Hassan Al Basri lui dit : « Interroge-moi sur ce que tu veux ». Ali lui demanda : « Quelle est la richesse de la religion ? », ce à quoi Al Basri répondit : « La crainte pieuse ». Ali continua et demanda : « Et qu’est ce qui corrompt la religion ? », ce à quoi Al Basri répondit : « La convoitise ». Alors Ali lui dit : « Assied toi, ce sont les gens comme toi qui peuvent parler de Dieu. »

Il dit : « J’ai entendu notre maître Abu Al ‘Abbas Al Mursi dire : « à mes débuts, j’étais à Alexandrie, je suis allé chez quelqu’un que je connaissais et j’ai acheté quelque chose d’environ un demi dirham. Je me suis dit en mon for intérieur : Peut-être qu’il ne va pas les prendre de moi. J’ai aussitôt entendu une voix invisible me dire : « La persévération dans la religion se fait en abandonnant toute convoitise dans les créatures ». J’ai aussi entendu le maître dire : « Celui qui a de la convoitise en lui ne se satisfait jamais. » ». L’orthographe même du mot convoitise prouve cela, il s’écrit en arabe : TA , MIM et AYN, trois lettres qui sont vides à l’intérieur.

Ô aspirant, élèves donc ton aspiration au-dessus des créatures et ne te rabaisse pas à elles en ce qui concerne la subsistance et les biens. Tes parts dans ce bas-monde ont précédé ton existence, et elles t’ont été distribuées quand tu as vu le jour. Ô homme, écoutes ce que certains maîtres spirituels ont dit :

Abou Hassan Al Warraq a dit : « Celui qui se rend compte qu’il aime quelque chose de ce bas-monde, il l’a tué avec l’épée de la convoitise. Celui qui convoite une chose se rabaisse à son niveau et c’est la cause de la perte. Si a été décrété pour toi de mâcher une chose alors tu te dois de la mâcher et avale-la avec honneur, malheur à toi si par l’avilissement on te contraint à la manger. »

Abou Bakr Al Warraq a dit : « Si on demande à l’homme cupide : « Qui est ton père ? » celui-ci te répondra : « Le doute dans celui qui destine les choses ». Si on lui demande : « Quel est ton emploi ? », il répondra : « L’acquisition de l’humiliation ». Si on lui demande : « Quelle est ta finalité ? », il te répondra : « Les choses interdites. » »

C’est en ce sens que les vers suivants ont été composés :

« Ne supplies pas les gens mais supplies plutôt Dieu.

Contentes-toi de la gloire qui se trouve dans le détachement.

Sois indépendant des proches et de ceux qui ont un lien de parenté.

Le riche est celui qui ne dépend pas de ses gens. »

Les causes de la convoitise sont la tristesse, l’amertume et les illusions. »

Sagesse précédente Sommaire Sagesse suivante

Commentaires (0)

Nouveau commentaire